Le contrat de concession du port autonome de Conakry fâche de nombreux guinéens

  • Publiée par Oury Maci Bah
  • 18 août 2018 8 h 57 min
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Le port autonome de Conakry est désormais dans les mains d’une société turque et ce sera pour une durée de 25 ans. Il s’avère que l’Etat a privatisé ce patrimoine public sans aucun respect de la procédure légale en la matière.

Depuis lors, c’est de la colère tant du côté des travailleurs dudit port que celui de bon nombre de guinéens. Nombreux sont surpris de la concession de cette manière d’un bien public aussi important que le port autonome de Conakry par le régime en place. Déjà une première manifestation des  travaillent contre cette action gouvernementale a eu lieu vendredi 17 aout 2018 . Les manifestants dénonçaient le bail du port qui est pour elles un endroit de gagne-pain.

C’est un contrat surprenant que l’État guinéen a signé avec la société Albayrak turizm seyahat insaat ticaret SA. Un acte qui n’est pas sans conséquence. Des nombreux emplois seront supprimés. Sur l’ensemble des travailleurs actuels du port car la société n’a besoin que de 200 personnes. Dans 90 jours elle commence ses activités.’

Beaucoup de privilèges sont accordés à cette société. A titre d’exemple, elle est exemptée de toute taxe pendant les 10 premières années d’opération sur les 25 au total qu’elle passera à occuper le port.

Autre acte de l’État jugé de folie c’est que toute personne qui s’oppose à sa décision de bail du port est soit suspendue soit révoquée de ses fonctions. Tout porte à croire que c’est la présidence elle-même qui a directement négocié avec la société Albayrak jusqu’à la signature du contrat. Selon plusieurs spécialistes, cette concession n’est pas avantageuse pour le pays. Bien que ce soit le cas l’État tient à l’application du contrat conclu entre lui et la société turque.

Ce qui fâche davantage est que la cérémonie de signature de ce contrat s’est déroulée en catimini. Même une conférence de presse n’a été tenue pour en parler à l’opinion nationale. C’est par hasard que l’affaire est parvenue à la presse.

Ils sont des centaines à être sous menace de licenciement suite à la concession du port à une société étrangère. Du coût ils font face au risque du même sort que ceux de l’usine de Fria. Leur inquiétude est déjà immense. Des manifestations de colère comme celle des travailleurs  pourraient secouer le port dans les jours à venir.

En Guinée, les régimes qui se sont succédés de 1984 à ce jour ont pris pour habitude de vendre ou bailler des biens publics de grande importance. Une partie de l’aéroport de Conakry, le vol « Air Guinée » et désormais le port autonome en sont exemplaires.

Concernant le port autonome de Conakry, les réactions de mécontentement à sa concession à une société turque se poursuivent. Un peu partout elle est dénoncée et jugée défavorable à la population. Mais pour le moment ces cris de cœur ne font pas reculer le pouvoir. D’ailleurs il n’existe aucun espoir qu’il ait changement d’avis de sa part. Ce qui veut dire que dans 90 jours la gestion du port sera entièrement entre les mains de la société Albayrak.

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