Pédophilie en Guinée : Voici comment un religieux français le frère Albert abusait des mineurs. Titre guineesynthese

  • Publiée par Redaction
  • 27 septembre 2017 16 h 16 min
  • 0

« Elijah » accuse un religieux français, le frère Albert, de l’avoir violé quand il était mineur. Il livre son témoignage à nos confrères de Jeune Afrique.

Nous l’appellerons « Elijah ». Mineur au moment des viols dont il dit avoir été victime, il a été auditionné fin mars par le service de sécurité de l’ambassade de France à Conakry. Une commission rogatoire doit arriver prochainement de Paris pour qu’Elijah soit à nouveau auditionné, cette fois par la justice française. Celui qu’il accuse, le frère Albert de la Congrégation des frères du Sacré-Cœur, a reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés et a été mis en examen le 7 septembre pour des viols et agressions sexuelles commis en Guinée entre 1992 et 2002.

Scolarité payée dans l’une des écoles les plus chères de Conakry, recrutement dans le club de foot FC Séquence de Dixinn, équipements offerts, argent de poche… Elijah était si choyé par le frère Albert qu’on le surnommait le « fils de Kaabè » c’est-à-dire de « Maïs » en soussou, le surnom donné au religieux selon une déformation de son nom de famille. Mais les bienfaits de ce dernier n’étaient qu’apparents et c’est sur plus d’une décennie de souffrances que Elijah a décidé de témoigner.

« Je suis une victime du Frère Albert. Je jouais à l’époque dans son club du FC Séquence, au poste de latéral droit, même si j’étais polyvalent. Le frère Albert est arrivé en Guinée comme missionnaire en 1992. Il m’a repéré un soir de fin de semaine alors que je m’entraînais avec mon équipe du quartier (Bellevue-École) dans l’enceinte de l’École Sainte-Marie qu’il dirigeait. C’était vraisemblablement en 1995. J’avais dix ans. À la fin du match, il m’a dit : ‘Viens, jeune-homme ! Tu joues bien. J’ai un club. Demain, tu viens me voir à 16h, après l’école’.

J’étais en classe de 6e année à Broz Tito, une école publique. Il m’a promis de m’inscrire dans son école si j’étais admis à l’examen d’entrée en 7e année (Certificat d’étude primaire), et dans son club de football. Il m’a remis une paire de crampons, des bas et un maillot, avant de me présenter à feu Naby Yansané, alias Marino, qui fut le coach du club. J’appartenais à la génération 3. Au décès de Marino, son successeur Souleymane Camara alias Abédi m’a propulsé dans la génération 6. Albert m’invitait à chaque fois que la première équipe (qui était en Ligue 3) se déplaçait. Il m’installait sur le siège de devant, entre l’entraîneur et lui.

Il s’est mis en serviette et a commencé à dire : mon fils bien aimé, je t’aime…

Il m’a demandé un jour de le trouver au bar « FC Séquence » [qui n’appartient pas au club et est situé en face de l’école Sainte-Marie, dans le quartier Bellevue-École, NDLR], où le Frère Albert prenait sa bière. Arrivé sur place, il m’a dit : ‘Allons chez moi, j’ai quelque chose pour toi’. On est monté dans sa voiture. Il m’a fait monter à l’étage, où il occupait une chambre, salon et douche. J’avais croisé d’ailleurs dans les escaliers mon professeur de musique d’alors, Jean-Daniel Barboza, qui descendait. Il m’a regardé, silencieux, sans répondre à mes salutations.

Albert m’a entraîné dans sa chambre et m’a fait asseoir dans son lit une place.

Lire la suite sur: http://www.jeuneafrique.com/477557/societe/pedophilie-en-guinee-le-frere-albert-ma-entraine-dans-son-lit-une-place/

 

Précédent «
Suivant »

664 71 82 86

Laisser un commentaire